À Dabou, briser les tabous autour des règles
Comprendre son corps pour mieux en prendre soin

Parler des menstruations reste, sous nos cieux tropicaux, un sujet entouré de silence, de gêne et de désinformation. Pourtant, ce silence a un coût bien réel : mauvaise hygiène menstruelle, infections évitables, croyances erronées sur le corps, vulnérabilité face aux violences sexuelles, et difficulté pour les jeunes filles à comprendre ce qu’elles vivent.
C’est pour contribuer à changer cette réalité que Stop au Chat Noir, dans le cadre de ses activités de Droits et Santé Sexuelle et Reproductive (DSSR), a organisé le 9 avril 2026 à Dabou, un groupe de parole dédié à l’hygiène menstruelle avec des jeunes filles âgées de 12 à 18 ans, en partenariat avec SIAM. 29 participantes ont pris part à cette session d’échange à l’École Primaire Catholique Notre Dame.
Créer un espace où la parole peut enfin se libérer

L’objectif de cette activité n’était pas simplement de transmettre des informations théoriques.
Il s’agissait avant tout de créer un espace sûr, bienveillant et sans jugement, où les jeunes filles pouvaient poser leurs questions, partager leurs expériences et déconstruire les idées reçues qu’elles portent parfois depuis des années.
Dès les premiers échanges, un constat s’est imposé : si la majorité des participantes avaient déjà leurs menstruations et utilisaient des protections hygiéniques, beaucoup ne comprenaient pas réellement ce qui se passait dans leur corps. Certaines associaient même encore les règles à quelque chose de « sale ».
Au fil de l’atelier, les discussions ont permis d’aborder de manière concrète et accessible plusieurs aspects essentiels : fonctionnement du cycle menstruel, utilisation correcte des protections hygiéniques, prévention des infections et connaissance du corps féminin.
L’approche choisie était résolument participative : démonstrations pratiques, échanges interactifs, exercices collectifs.
Parler aussi des violences

Parce que la santé sexuelle et reproductive ne peut être dissociée de la protection contre les violences, l’activité a également intégré un travail autour du violentomètre, outil pédagogique permettant d’identifier les comportements violents ou problématiques dans les relations.
À travers des exercices en groupe, les participantes ont pu réfléchir aux signaux d’alerte, mieux comprendre certaines dynamiques de violence et identifier vers qui se tourner en cas de besoin.
Un volet fondamental lorsqu’on sait combien les adolescentes peuvent être exposées à des formes de violences souvent banalisées.
La session s’est achevée par une présentation de Stop au Chat Noir, un temps de questions-réponses, ainsi qu’une distribution de serviettes hygiéniques, offerte par 2AD Company, aux participantes.
L’hygiène menstruelle n’est pas un sujet secondaire.
C’est une question de santé, de dignité, d’éducation et de protection.







