À Attécoubé, mobiliser les hommes pour mieux prévenir les violences basées sur le genre
La lutte contre les violences basées sur le genre ne peut pas reposer uniquement sur les femmes, les associations ou les institutions. Elle exige une mobilisation collective. Et surtout, elle exige que les hommes — particulièrement ceux qui occupent des positions d’influence dans leurs communautés — soient pleinement impliqués dans le changement.
C’est dans cette perspective que Stop au Chat Noir a organisé, le 18 avril 2026 à Santai Village (Attécoubé), une activité d’échange et de sensibilisation dédiée à l’implication des acteurs communautaires masculins dans la prévention des violences basées sur le genre. L’objectif : renforcer leur rôle comme relais de sensibilisation, de prévention et d’orientation au sein de leurs communautés.
Des leaders communautaires réunis autour d’un enjeu crucial

Au total, 27 participants ont pris part à cette rencontre, parmi lesquels des leaders communautaires, responsables religieux, représentants locaux, entrepreneurs, ouvriers, ainsi qu’un capitaine de police.
Ce choix n’est pas anodin. Dans de nombreuses communautés, ce sont précisément ces figures qui façonnent les normes sociales, influencent les comportements, arbitrent les conflits ou orientent les victimes vers des solutions, parfois protectrices, parfois insuffisantes.
Les engager, c’est agir à la racine.

L’atelier a permis d’ouvrir une conversation franche autour des violences basées sur le genre : ce qu’elles recouvrent, leurs différentes manifestations et leurs conséquences souvent durables sur les victimes. Viol, agressions sexuelles, violences physiques, violences psychologiques, mariages forcés ou encore privation de ressources ont été abordés au fil des échanges.
Mais au-delà des définitions, ce sont surtout les discussions autour des réalités communautaires qui ont donné tout son sens à la rencontre.
Comment intervenir lorsque certaines violences sont encore perçues comme des affaires privées ? Que faire lorsque les pressions culturelles ou religieuses freinent la dénonciation ? Comment éviter que le silence collectif ne transforme les communautés en complices involontaires ?
Autant de questions qui ont nourri des échanges parfois confrontants, mais nécessaires.
Les leaders masculins comme alliés du changement

Au cœur de la rencontre, un message simple mais essentiel : les leaders ne sont pas de simples observateurs. Ils sont des acteurs d’influence.
Ils sont écoutés. Ils ont de la crédibilité. Ils peuvent contribuer à déconstruire les normes sexistes qui alimentent les violences dès la cellule familiale et dans la vie quotidienne.
Sensibiliser, orienter, refuser la banalisation, encourager les signalements : leur rôle est stratégique.
Et les participants l’ont reconnu.
En clôture, plusieurs leaders se sont engagés à poursuivre ce travail de sensibilisation au sein de leurs communautés. La lutte contre les violences basées sur le genre ne se gagnera pas uniquement dans les tribunaux, les institutions ou les campagnes digitales. Elle se joue aussi dans les quartiers, dans nos villages, dans nos discussions entre voisins, dans les prises de parole des leaders.







